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Introduction aux Sciences du Hadith

1. Les deux sources dans l’Islam : Le Coran et la Sunna

L’Islam repose sur deux sources essentielles au sujet desquelles il y a unanimité entre les
savants : le Coran et la Sunna.

Le Coran : c’est le livre qui a été révélé au Prophète Muḥammad (que la paix et la bénédiction de Dieu soient sur lui) et qui est un miracle de Dieu. Du début à la fin, le Coran est la Parole de Dieu. Tout musulman a le devoir de croire que le Coran a été révélé dans son intégralité au Prophète sans qu’il ait subi des changements ou des altérations.

Dieu a protégé le Coran de toute altération en disant « C’est Nous qui avons fait descendre le rappel et c’est Nous qui allons le préserver » (15 : 9). Depuis 14 siècles, le Coran est exactement le même et n’a subi absolument aucune modification. Les versets lus par le Prophète sont exactement les mêmes que ceux que nous lisons à notre époque.

Le fait que le texte coranique traverse de nombreux siècles sans subir la moindre altération [il nous est arrivé dans son intégralité] est un véritable miracle de l’Islam. Le Coran surpasse, en éloquence et en rhétorique, la poésie et la littérature arabe et non arabe. Pour être convaincu de l’authenticité du Coran, il est nécessaire que le croyant s’oriente vers le savoir et l’étude du Livre sacré. Pour amener l’homme à raisonner, Dieu l’invite à essayer de produire un livre identique au Coran. Ce défi n’est pas spécifique à l’époque du début de l’Islam, mais est lancé à toute l’humanité jusqu’à la fin des temps.

La Sunna : elle est une source parallèle au Coran, bien que le Livre sacré soit « la source » par excellence.

Le Coran est donc la source principale de l’Islam. Toutefois, il a été révélé au Prophète Muḥammad  sur une période de 23 ans. Il lui a été révélé de manière fragmentée et non en bloc. Pendant les 23 années de révélation, le Prophète a expliqué le Coran.

Question : Le Prophète (que la paix et la bénédiction de Dieu soient sur lui) a-t-il expliqué le Coran dans sa totalité ou a-t-il expliqué la majorité des versets ?

Réponse : ce que l’on peut dire est que le Prophète n’avait pas un cours d’exégèse ou de commentaire du Coran. Il s’asseyait avec ses compagnons et leur enseignait l’Islam selon des évènements bien précis. Il parlait (le hadith) dans de multiples circonstances et différents lieux : en voyage, dans la Mosquée, au marché, la nuit, le jour, lors d’un événement où il se doit de donner son avis, etc. Parfois, il s’assoit et donne un cours, il enseigne sa religion à ses compagnons. Toutefois, il n’y a pas de « cours » donnés et qui porteraient des titres comme : cours de tafsîr (exégèse), cours de Hadith ou cours de tajwîd (psalmodie du Coran).

Les compagnons vont donc recevoir les enseignements de l’Islam en différentes occasions, puis vont en faire la narration, c’est-à-dire, rapporter ce qu’ils ont entendu du Prophète. A travers ce qu’ils rapportent, il y a des paroles du Prophète [hadiths] concernant l’exégèse du Coran. Cela nous explique donc pourquoi il y a un chapitre concernant le tafsîr dans la compilation d’al-Bukhârî. Dans ce chapitre, on trouve ce que le Prophète a enseigné à ses compagnons concernant certains versets. Il n’y a pas tous les versets du Coran, mais, il y en a une grande partie.
Nous pouvons remarquer un chapitre identique dans d’autres compilations, comme celui de Muslim, celui d’Abû Dâwûd, etc. Dans d’autres livres, on peut trouver d’autres hadiths encore qui font le commentaire de certains versets. Nous avons donc des hadiths qui vont commenter des versets ou des termes coraniques. On va aussi trouver des hadiths qui vont parler des statuts légaux (aḥkâm) et qui vont souligner des directives en terme de pratique religieuse et d’adoration.

Exemple : la bonté envers les parents. Dans le Coran, Dieu nous demande d’être bons avec nos parents : « Ton Seigneur t’ordonne de n’adorer que Lui, de traiter avec bonté ton père et ta mère » (17 : 23). Ainsi, nous allons trouver en parallèle de ce verset, des hadiths qui vont nous parler de la bonté envers les parents ainsi que du danger de ne pas leur obéir ou d’être mauvais avec eux.

Le hadith va donc jouer le rôle de nous expliquer ce que Dieu veut de nous.

L’explication du Prophète d’un verset peut être faite de différentes façons ou dans différents moments. Ces hadiths vont donc jouer le rôle d’expliquer les versets du Coran. En d’autres termes, le verset est la base de notre direction et le Hadith apporte la bonne et véritable compréhension.

Exemple : la prière rituelle (ṣalât). Elle est prescrite par Dieu dans le Coran : « Acquittez-vous de la prière, faites l’aumône (zakât) » (2 : 43). Les détails concernant la prière se trouvent dans les hadiths que les compagnons du Prophète  nous rapportent. Le verset nous dit que la prière est importante et obligatoire sans nous expliquer comment l’effectuer. Celui qui veut savoir comment se fait la prière doit lire la Sunna du Prophète (que la paix et la bénédiction de Dieu soient sur lui).

Pour terminer, soulignons que le hadith est considéré comme étant une révélation (waḥyî) mais qui n’est pas au même degré ou qui ne possède pas le même statut que le Coran. Dans ses propos explicatifs du Coran, le Prophète se base sur ce qui lui est révélé.

2. Le rôle de la Sunna par rapport au Coran

- La Sunna explique le Coran :
Exemple : la prière (voir ci-dessus). On va ainsi trouver des explications concernant la
pratique des différents piliers de l’Islam (pèlerinage, jeûne, etc.).
- La Sunna confirme ce qui est dit dans le Coran :
Le Prophète  va confirmer ce qui est venu dans le Coran en le disant à ses compagnons, par des gestes, des comportements, des paroles, etc.

Exemple : le fait que Dieu soit unique : « Dieu ! Il n’y a point de divinité que Lui » (2 : 255).
Dans un autre verset, Dieu dit : « Luqmân exhorta un jour son fils, en lui disant : ‘Mon cher fils, n’attribue aucun associé à Dieu, car le polythéisme est un crime abominable !’ » (31 : 13). Concernant l’unicité de Dieu, le Prophète dira un jour à ses compagnons que le plus grand des péchés est d’associer à Dieu une autre divinité. A ce sujet, de nombreux hadiths nous sont rapportés.

- La Sunna ajoute des règles et des lois qui ne sont pas dans le Coran :
On peut donc dire ici que la Sunna est une source de l’Islam et une source à part entière dans le droit musulman. Exemple : la consommation de la viande d’âne. Il y a des versets qui invitent l’individu à exécuter ce que dit le Prophète.

Dieu dit dans le Coran : « Prenez ce que le Prophète vous donne, et abstenez-vous de ce qu’il vous interdit » (59 : 7). Dans un autre verset, Dieu dit : « Ô fidèles ! Obéissez à Dieu, obéissez au Prophète » (47 : 33). Cette obéissance au Prophète se fait à travers son enseignement, la Sunna. Dieu a donné au Prophète (que la paix et la bénédiction de Dieu soient sur lui) le droit de légiférer.
Toutefois, il ne le fait pas par lui-même mais par le biais de la révélation. Par conséquent, la révélation est composée de deux types ou canaux : le Coran et la Sunna.

3. Les deux modes de transmissions de la Sunna : oral et écrit

La Sunna du Prophète est à la base une tradition orale. Même la révélation coranique débute oralement. En effet, l’ange Gabriel dira au Prophète  qui méditait dans la grotte de Hirâ’ : « Lis (iqra’) » et non « Ecris (uktub)3 ».

Avant ce premier contact de l’ange Gabriel avec le Prophète, nous savons que le Coran existe déjà par écrit auprès de Dieu dans le « Al-Lawḥ al-mahfûẓ (tablette conservée) ». Alors que l’ange Gabriel a déjà reçu le Coran dans son intégralité, il le révèlera au Prophète par fragment sur une durée de 23 ans. Le Prophète (que la paix et la bénédiction de Dieu soient sur lui) va donc recevoir
le Coran oralement puis il va prendre des scribes qui vont l’écrire soigneusement.

Plus tard, le Coran sera réuni et compilé. Pour tous les savants musulmans,
le Prophète ne savait ni lire et ni écrire. En vérité, Dieu a voulu que Son Messager ne sache ni lire et ni écrire pour souligner le caractère miraculeux du Livre sacré. Quant à la Sunna du Prophète, elle va rester une tradition orale jusqu’à sa mort. Le Prophète ne va pas permettre que l’on écrive ses hadiths sauf dans des cas particuliers.


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